#154 Timothé Frin, cofondateur de Stellar. Structurer une organisation produit pour scaler.
SaaS ConnectionFebruary 14, 2025x
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#154 Timothé Frin, cofondateur de Stellar. Structurer une organisation produit pour scaler.

Pour l’épisode de cette semaine, je reçois Timothé Frin, le cofondateur de Stellar, une société spécialisée dans l’accompagnement des startups sur leurs enjeux produits. Timothé est également host du podcast Clé de Voûte, dédié aux métiers du produit.

Stellar accompagne les startups de plus de 20 employés à structurer leur organisation produit grâce à un collectif d’une vingtaine de CPO expérimentés, passés par des entreprises comme Partoo, Usign ou Zenly. Leur mission ? Aider les entreprises à professionnaliser leur approche produit en travaillant sur la qualité, la vitesse d’exécution et l’impact business.

Dans cet épisode, nous avons parlé :

  • De l’évolution du métier de Product Manager et de son rôle clé dans la croissance des SaaS.
  • Des défis produits rencontrés par les startups et de la manière de les surmonter.
  • De la nécessité de mesurer l’impact business du produit, un point souvent négligé en France par rapport aux US.
  • De son retour d’expérience après un séjour dans la Silicon Valley et des différences culturelles dans la gestion produit entre la France et les US.

💡 Un épisode riche en apprentissages pour les fondateurs, les CPO et les équipes produit qui souhaitent structurer leur approche et aligner leur produit avec leurs objectifs business.

Vous pouvez suivre Timothé sur LinkedIn.

Bonne écoute ! 🎧


Mentionnés pendant l’épisode :


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[00:00:10] Bonjour à tous et bienvenue sur SaaS Connection, le podcast dédié au SaaS, Software as a Service. Je suis Alex Delivet, entrepreneur et fondateur de Collect, un outil SaaS qui permet de récupérer des documents et des informations auprès de ses clients. Grâce à ce podcast, je pars à la rencontre des acteurs de l'écosystème SaaS francophone pour qu'ils me partagent leurs connaissances, leurs meilleures pratiques et leurs conseils actionnables afin que je puisse les mettre en œuvre sur mon propre SaaS et que vous puissiez en faire de mieux.

[00:00:38] Nous parlerons ensemble de marketing, de vente, de fidélisation client, de produit et parfois même un peu de technique. Sur ce, bonne écoute ! Votre SaaS est en pleine croissance et vous souhaitez recruter de nouveaux collaborateurs ? Alors vous avez besoin d'Indeed.

[00:01:00] Indeed, c'est LA plateforme de recrutement qui vous permet de vous rendre visible. Ce que j'aime beaucoup, c'est que vous pouvez également planifier vos entretiens, réaliser des entretiens virtuels et communiquer avec vos candidats. Tout ça sur un seul outil. En plus, dès que vous publiez une offre d'emploi sur Indeed, vous obtenez une présélection de candidats qualifiés pour votre poste et vous pouvez les inviter à postuler immédiatement. Commencez à recruter dès maintenant avec un crédit de 100 euros sur go.indeed.com.

[00:01:28] C'est une offre d'irrélimité, il y a des conditions générales qui s'appliquent. Je répète, go.indeed.com. Et maintenant, place à l'épisode. Bonjour à toutes et à tous et bienvenue pour ce nouvel épisode de SaaS Connection. Aujourd'hui, j'ai le plaisir de recevoir Timothée Frein, qui est cofondateur de Stellar. Salut Timothée ! Salut Alex ! Ravi d'être ici. Je suis ravi de te recevoir, entre podcasters, parce qu'on va aussi venir là-dessus. Ce n'est pas ton podcast, ce n'est pas Stellar, c'est Clé de voûte.

[00:01:58] Quel entre soi ! Effectivement. Mais c'est vrai que dans mes invités, parfois je reçois bien sûr beaucoup de fondateurs de startups, de SaaS, mais je reçois également des experts. Et tu en fais partie avec une grosse expertise produit, à la fois chez Stellar et avec Clé de voûte. Et du coup, ça m'intéressait qu'on discute produit aujourd'hui. Trop content de pouvoir en parler avec toi. Et bravo pour ce que tu fais avec le podcast, que j'écoute depuis quelques années.

[00:02:26] Je t'ai montré tout à l'heure que je me souvenais d'un projet d'il y a 2-3 ans. Tu l'as lancé quand exactement ? En 2021 ? L'ai lancé en 2021. Oui, même année. Post-Covid. Toi aussi ? Oui, janvier 2021. On est à peu près au même moment dans le podcast game. Est-ce que pour commencer l'épisode, je peux te proposer peut-être de nous expliquer ce que tu fais avec Stellar. Et puis aussi, ton podcast est à côté. Le média.

[00:02:55] Oui, écoute, je te fais un petit peu un tour d'horizon, tout ça. Et dis-moi si tu veux que je creuse. Donc moi, en gros, je suis le cofondateur de Stellar. C'est une boîte que j'ai montée avec quelqu'un qui s'appelle David Lambert. Stellar, c'est quoi ? C'est une boîte qui a pour mission d'aider des fondateurs de startups de plus de 20 personnes sur les sujets produits. Concrètement, pourquoi 20 personnes ? C'est marrant parce que souvent, les gens me disent, mais pourquoi 20 personnes ? Parce que c'est le moment où tu commences à avoir une équipe produit et tech qui commence à être un petit peu plus grosse. Et c'est là où, en fait, tu vas devoir passer un peu de fabriquer un produit de manière artisanale à passer professionnel.

[00:03:26] Et donc, tu as plein de problèmes qui arrivent à ce moment-là. Et nous, on les résout, ces problèmes. C'est des problèmes de qualité de produit, de génération de croissance via le produit, de vitesse d'exécution. Et donc, nous, on a créé, si tu veux, des services qui sont complètement packagés, très rapides, parce que les startups ont besoin que ça aille vite. Et ces services sont déployés par un collectif de 20 CPO, qui sont des CPO qui viennent de boîtes ou qui sont venus de boîtes comme Partoo, Usign, Zenly, des boîtes comme ça. Et ça, c'est une boîte qui a trois ans, qu'on a pivoté il y a un an et demi.

[00:03:55] Et ce modèle de collectif, il a un an tout rond là. On l'a lancé en janvier 2023. Donc, c'est tout bébé. Et c'est quoi l'idée pour tes CPO, du coup ? Parce que c'est des missions qui sont limitées dans le temps. Oui, exactement. Et pour eux, c'est quoi ? C'est un peu, entre guillemets, une période de transition. Genre, ils ont terminé leur poste chez Partoo, je ne sais pas, c'est une bêtise. Ils n'ont pas encore trouvé leur prochaine aventure.

[00:04:23] Et en fait, pendant les X semaines qui les séparent, ils vont faire ça ? Ou c'est plutôt des gens qui se projettent sur le long terme ? Oui, on a deux statuts chez Stella. Sur les CPO, tu as des guest CPO. Donc, c'est des CPO qui, en fait, sont en poste et qui vont pouvoir superviser certains de nos services. Typiquement, tous les coachings produits, donc coaching de fondateur, fondatrice, ou alors coaching de product leader, ils vont trouver quelques heures par semaine. Et grâce à la connaissance que nous, on met en commun et qu'on cumule, si tu veux, ça leur prend de moins en moins de temps. L'onboarding est déjà fait, tout est déjà fait. Ils ont juste à venir à amener l'expertise et à coacher la personne.

[00:04:52] Donc, ces CPO-là, ils sont en poste et ce n'est pas un sujet, si tu veux. Et après, on a les CPO in-residence. C'est comme ça qu'on les qualifie. C'est des CPO qui, eux, sont généralement soit freelance parce qu'ils sortent d'une aventure, ils vont monter une boîte. Ou alors, soit ils sont entre deux CDI, ils ont envie de se faire un peu la main. Et la plupart des CPO, ils viennent dans le collectif pour une raison, c'est qu'ils ont envie d'être challengés par d'autres CPO. Parce que c'est un métier où tu es très seul. Et le fait de pouvoir être, de bosser en collaboration, parfois même en binôme sur des missions avec d'autres CPO, c'est là que tu apprends le plus. On vend Stellar un petit peu.

[00:05:24] On présente Stellar aussi un peu comme une école pour ces CPO qui veulent passer un step. Ou juste qui veulent faire un peu cette thérapie de dire, bon voilà, tout ce que j'ai appris moi sur ces X dernières années en scale-up, à barouder comme un fou, je vais pouvoir les mettre à dispo dans d'autres boîtes qui sont moins avancées. En termes de... c'est marrant que tu parles d'école. Maintenant, j'ai plusieurs questions par rapport à ce côté un peu formation, où est-ce que tu fais tes armes et tout.

[00:05:53] Déjà, il y a des formations de product maintenant. Parce qu'autant il y a des écoles d'ingénieurs, tu vois. Mais j'ai pas l'impression, enfin en tout cas jusqu'à il y a quelques années, il n'y a pas d'école et de formation spécialisée en product. Aujourd'hui, il y en a. Alors, t'as pas mal de choses qui existent. T'as des formats un peu bootcamp, tu vois, comme tu vois avec le wagon. Aux US, t'en as un qui est très connu qui s'appelle Product School, qui est vraiment le plus gros et l'historique également.

[00:06:19] T'as des formations faites par des cabinets de conseil aussi, tu vois, qui viennent former des product managers, voire des product leaders. T'as une formation à l'INSEAD pour les product leaders. C'est un truc qui dure une semaine, qui est assez intense. Et après, t'as... ce qui est vraiment apparu, c'est des répliques... Plus les deux derniers que t'as citées avant de... L'INSEAD et... Lesquelles, tu me demandes ? L'INSEAD et les cabinets de conseil. Ouais, alors les cabinets de conseil, c'est global et ça dépend des cabinets. Honnêtement, je les connais pas tous et j'irais pas dire du mal de mes copains ou de pas mes copains. Je pense qu'il y a des trucs très bien, il y a des gens très bien là-dedans.

[00:06:48] Et ça dépend aussi de la cible. Je veux dire, former un PM pour de l' Early Stage et un PM pour un groupe, c'est pas exactement pareil. Moi, de toute façon, dans tous les cas, ce que je peux dire, et je finirai sur les formations, c'est que... C'est un métier PM qui est très compliqué parce que c'est un métier de pratique pur. T'as finalement assez peu de théories. Même si on vend beaucoup de théories à l'école. En vrai, ça se fait vraiment, vraiment à la dure dans la pratique. Et donc, pour finir sur les formations, il y a des bootcamps type Product School qui sont arrivés en France,

[00:07:13] dont deux qui sont Maestro et l'autre qui s'appelle Noé, qui a été monté par Maya, qui était l'ancienne première PM et VP Product de Aircall à l'époque. Et ça, c'est des bootcamps qui semblent bien fonctionner, qui sont montés en même temps, en fait, à 3-4 mois près, en 2020 en plein Covid. Tu sais, il y a eu après l'explosion de la tech et là, c'était... Tu vois, je pense que c'était vraiment un bon moment pour le monter. Ok. Intéressant.

[00:07:40] Non, je te pose la question, parce que moi, c'est vrai que j'ai découvert ce métier-là quand j'étais chez eFounders il y a plus de 10 ans. Et tu vois, à l'époque, on va dire, jusqu'à les 10 ans, il n'y avait pas vraiment de product. Tu faisais des specs, tu faisais... Enfin, tu parlais, tu t'organisais un peu comme tu... Il y avait déjà quand même la notion, beaucoup, tu vois, de lean startup, d'avoir des sprints, ce genre de choses.

[00:08:09] Mais tu es presque plus dans le project management que dans le product, tu vois. Exactement. Et en fait, est arrivé à cette période-là vraiment cette cascade de product. Et puis aussi, l'autre truc qu'il y a, et on va en reparler après, moi, ce que je trouve dur, c'est que je trouve qu'il y a beaucoup de product, mais qui... Alors, qui maintenant... Enfin, on va dire, tu as plusieurs aspects du métier. On va revenir dessus. T'as le côté définir ce qu'il y a dans ton produit.

[00:08:36] T'as le côté interaction avec tes clients et tes utilisateurs. Et pour moi, il y a aussi un autre côté qui est le côté data, tu vois. Comment l'usage et tout. Et en fait, je ne sais pas, il y a dix ans, c'était que la première facette et presque le côté interview utilisateur et encore plus data, ça n'existait pas, quoi. Oui, tout à fait. On fait le même constat. Pour te la faire un peu en mode big picture,

[00:09:07] product, la discipline product, le fait de faire des produits tech, ça vient des US, évidemment. C'est un métier qui est beaucoup plus vieux aux US. Je ne saurais pas te dire exactement, on parle des racines, je ne vais pas te faire l'histoire, ça va être Wikipedia, sinon ce n'est pas intéressant, mais tu vois, on parle des racines de Procter & Gamble qui aurait introduit un peu cette notion en 1920-1930, pour donner une idée, mais je pense que ça s'est vraiment concrétisé dans la tech il y a 35 ans, 40 ans. En France, t'as raison, le job a commencé à se structurer il y a quelques années, mais il a en tout et pour tout peut-être 15 ans, 10-15 ans max. Et la France étant un pays d'ingénieurs,

[00:09:38] je ne sais pas si on bénéficie ou on pâtisse de ce territoire, mais en tout cas les métiers du produit, je pense, pâtissent de ce territoire parce qu'on a vu la fonction produit comme un métier très tech de base, alors que ça devrait être une fonction, je ne sais pas si elle devrait être plus du côté business, mais c'est une fonction qui devrait contribuer au business. En tout cas, nous, c'est notre conviction sur Stellar et sur tout ce qu'on fait. Et ce qui fait que c'est aussi pour ça que nous, on a monté toutes ces initiatives, parce que moi, j'ai senti, quand j'ai lancé mon média, et on n'a pas forcément parlé, donc j'ai lancé une newsletter, un podcast, à un moment où je sentais que ça se structurait, je sentais que ça y est, en France,

[00:10:07] enfin, on arrive à un moment où toutes les boîtes, elles savaient créer les débuts de produits, chercher de l'attraction, mais que professionnaliser cette approche pour en faire des boîtes saines, durables, rentables, on n'y était pas encore. Et donc, c'est exactement pour ça qu'on a lancé toutes ces initiatives. Je vois bien ce que tu veux dire. Et du coup, aujourd'hui, pour toi, on en est où ? Enfin, tu vois, c'est quoi un peu...

[00:10:37] Après, on va rentrer plus dans le détail, tu vois, aussi de cette vision business, parce que c'est une des raisons, ce que je te disais en amont, c'est une des raisons pour laquelle je t'ai contacté par rapport à un poste que tu avais fait sur LinkedIn. Ouais, on en est où ? Ça en est où, le métier de PM ? Tu vois, est-ce que c'est une fonction ? Comment elle se positionne ? Comment elle est considérée ? Enfin, comment tu vois un peu les choses ? Ouais, pour essayer d'être précis, je vais, si tu veux bien, je vais te proposer de faire ça en équation. J'étais mauvais en maths,

[00:11:06] mais par contre, je pense que les maths, j'étais mauvais, j'étais pas très bon, mais c'est quelque chose qui permet de clarifier beaucoup la pensée. Et un truc qui m'a beaucoup inspiré il y a quelques années, je sais plus quand exactement, c'est, je crois que c'était une conf, bref, un contenu qu'avait fait Guillaume Moubech, le fondateur de LameList. À l'époque, Guillaume Moubech, qui est plutôt sur des sujets de sales et de marketing, il, comment dire, il représente les sales comme une équation. Il dit, une bonne vente ou une fonction sales qui fonctionne bien, c'est deux paramètres. C'est timing, donc le bon moment en fait,

[00:11:35] et trust, la confiance. Si t'as pas le bon timing et pas la confiance, tu fais pas de vente. Et le product, on peut faire pareil. Sauf que je vois trois paramètres pour définir le product. T'as la qualité, donc c'est en gros, est-ce que le produit qui arrive dans les mains d'utilisateur, il y a des bugs ou pas ? Il y a la vitesse à laquelle tu sors ton produit et il y a le ROI ou l'impact business de ton produit. Si t'as pas ces trois paramètres, ton produit ou ta fonction produit, elle fait défaut. Et donc, pourquoi je te dis ça ? Parce qu'en France, de mon point de vue ou de notre point de vue avec David, mon associé et aussi le collectif,

[00:12:06] on est plutôt fort sur la qualité. On aime bien faire les choses à nouveau héritage tech. On aime bien faire des produits jolis qui fonctionnent bien, qui sont rôdés, robustes. On n'est pas très fort sur la vitesse, honnêtement. C'est pas là où on est les meilleurs, mais ça va, tu vois. J'ai pas de comparatif, mais je veux dire, c'est pas forcément ce qui fait le plus défaut. Par contre, ce qui fait vraiment défaut en France dans les fonctions produits, les orgas produits et les startups qui font du produit, c'est la contribution qu'a le produit pour générer de la croissance. Et quand je dis générer de la croissance, c'est toutes les métriques liées à la croissance.

[00:12:35] Ça peut être des métriques business, financières, d'organisation, des métriques produits ou de croissance type activation, bref, framework, art classique, tu vois. Et en France, on a un vrai problème sur la définition des objectifs, de à quoi sert le métier de product, le suivi de ce qu'on lance. Il y a plein de boîtes qui lancent des fonctionnalités qui ont été créées pendant 3, 4, 5 mois. Ils ne mesurent rien de ce qui se passe. Et donc, la correction post-lancement, c'est-à-dire une fois que tu mesures, si t'as réussi à mettre de la mesure en place, est-ce que tu corriges

[00:13:05] ou pas cette boucle, tu vois. Et vraiment, c'est hyper surprenant de voir à quel point les US sont différents là-dessus. C'est pas le seul critère, mais je pense que c'est un des critères pour lesquels les boîtes réussissent bien là-bas. C'est intéressant. Et ce qui est marrant, c'est que, par rapport à ce que tu dis, normalement, dans les responsabilités du PM, t'as le fait de prioriser ta roadmap. Oui. Et dans les frameworks qui existent pour prioriser la roadmap,

[00:13:35] t'as un framework qui est très connu, voire le plus connu qui est ICE, ou I. R-I-C-E d'ailleurs, RICE. Mais c'est une variante. Et dedans, I, c'est impact. Donc tu vois, normalement, c'est quand même un des principaux critères. Est-ce que ce que t'es en train de développer, ça a de l'impact sur tes users ? Donc ça devrait être au centre de ce qui est développé. Donc ça, c'est un framework de priorisation. C'est-à-dire que pour les gens qui ne connaisseraient pas, t'as plusieurs choix possibles pour la nouvelle fonctionnalité qui sort ou l'amélioration de ton produit.

[00:14:04] et tu vas devoir décider en fonction, effectivement, de l'impact, l'effort pour le E de RICE et la confidence et confiance en ce que tu vas sortir. Ça, c'est un framework de priorisation. Maintenant, si, admettons, tu priorises, tu décides que c'est fonctionnalité A qui va sortir et qu'en fait, donc tu la délivres, tu vas mettre, je ne sais pas, un mois à la développer si c'est une belle fonctionnalité. Tu la sors et que tu ne mesures pas l'impact, ok, tu as défini dans la priorisation l'impact que tu espères qu'elle aurait cette fonctionnalité. Mais si tu ne mesures pas in fine

[00:14:35] cet impact-là, en fait, tu ne sais pas si tu l'as fait pour quelque chose et c'est un vrai gros problème. S'il y a des fondateurs et des VCs, par exemple, qui écoutaient ce podcast, moi, la question que j'aime bien poser, c'est qu'est-ce que vous mesurez ? Quand dans une boîte, tu t'aperçois qu'il n'y a que 30% des choses qui sont mesurées, ça veut dire qu'il y a concrètement 70% des choses qui ne le sont pas. Donc concrètement, quand une équipe produit coûte un million d'euros par an, il y a 700 000 euros, on ne sait pas trop s'ils sont bien investis. Et moi, ça me rend fou. Et c'est pour ça. Et donc moi, tu vois, avec le collectif, on essaie de sortir

[00:15:04] de ces frameworks, etc. On pense vraiment que le produit, c'est une fonction business. On est très héroïs dans la façon de faire les choses. Ça ne veut pas dire qu'on est dans le contrôle, c'est juste qu'on aime bien mesurer tout ce qui se passe et c'est une opinion qu'on a, c'est que le produit, ce n'est pas un art du hasard, c'est une discipline mesurable. Et donc, c'est ultra important en fait, que tu rapportes comme les sales le font, comme le marketing le fait. On parle de CAC, de coût d'acquisition. Les sales, on sait que tout est rationnable, rationalisable, je ne sais pas si ça se dit. On fait pareil sur le produit, tu vois. On a sorti d'ailleurs un outil, on peut en parler pour faire ça, tu vois. Ok.

[00:15:35] Là-dessus, justement, donc toi, tu es en contact avec beaucoup de startups, beaucoup de SaaS, enfin, plutôt une bonne partie de SaaS. Il y a une bonne partie des startups que tu accompagnes qui sont des SaaS. Essentiellement. Qu'est-ce que tu vois aujourd'hui ? Enfin, sans donner de nom, tu vois, c'est quoi ? On parle de 50% qui font bien le taf, tu vois, de mesure, de 10% ? C'est dommage parce que je pourrais vraiment te filer ces chiffres. On vient de, on a passé notre mois de décembre à,

[00:16:05] je crois qu'on a on a presque 150 boîtes qui ont rempli l'outil qu'on a lancé fin novembre. C'est un outil qui permet d'évaluer la performance produit, donc la performance de l'orga produit. Et on arrive via un set de 17 indicateurs chiffrés à te dire si ton produit, à nouveau, il sort de la qualité, il sort vite, si la boîte est bien organisée, s'il y a une contribution business bonne ou pas. Je n'ai pas les chiffres en tête parce que je n'ai pas eu le temps de, on a eu les vacances, mais ravi d'en reparler un moment et je ferai des postes là-dessus. Mais en gros, ce que je peux te dire, c'est que, à nouveau,

[00:16:34] ça va revenir à ce que je te disais, sur les sujets de qualité, etc., ça se passe pas mal. Sur les, comment dire, sur la contribution business, donc en gros, essaie de mesurer si ton produit, si la façon dont tu fais du produit, il y a un rapport direct avec une vraie connexion avec le business de la boîte. Franchement, c'est flippant. Franchement, si c'est la moitié, c'est déjà beaucoup, des boîtes qui le font correctement. Et ravi de creuser ça, de te dire comment est-ce qu'on le fait correctement, évidemment, mais c'est vraiment le ratio qu'il faut avoir en tête. Je n'ai pas fait cette étude aux US, on est d'accord,

[00:17:03] et il y a beaucoup de storytelling aussi aux US, donc il faut faire super gaffe à ça. Néanmoins, tu vois, pour y avoir passé après une dizaine de jours en novembre, les discussions sont vraiment très différentes avec les product leaders avec lesquels on a bossé et avec lesquels on a échangé et les fondateurs. Et tu sens en fait que la perception de ce métier n'est pas du tout la même. Franchement, je mets même à couper que si on mettait cette outil de mesure dans leurs mains, les résultats seraient vraiment différents sur les sujets business. Oui. D'ailleurs, ça me fait penser à un copain que j'aime beaucoup, et j'aime beaucoup

[00:17:33] le produit qu'ils font, c'est Enzo de June. Oui, Enzo de Vigo, bien sûr. Et tu vois, et là, alors, June, ça sert pour deux parties, pour vraiment la partie product et aussi pour la partie customer support, enfin success, pardon. Et tu vois, ils ont entre autres, par exemple, ils ont des intégrations avec le CRM ou Stripe ou la partie revenus pour pouvoir faire de la corrélation entre eux. Ah tiens, c'est marrant, ce mec-là,

[00:18:02] il a suivi tel pattern, du coup, genre, on a une bonne rétention sur eux. Ils ont vraiment une bonne approche là-dessus. Mais après, pour rebondir sur ce que tu viens de dire, c'est vrai que Enzo, enfin, June, ils ont fait YC, ils ont un gros footprint US, enfin, tu vois, Enzo a bossé pour Intercom, Zalendo, N26, il a bossé pour des boîtes qui sont anglo-saxonnes avec une mentalité très différente. Donc, c'est évident. Là,

[00:18:32] on fait beaucoup de généralité et je t'en parle en vue macro. Dans le loup, il y a des boîtes qui sont extraordinaires d'un point de vue, je ne parle pas que produits, mais organisationnellement, en France, il y a des boîtes de malades et nous, on l'a vu parce qu'on a fait passer cet outil, cet éval à des boîtes d'ailleurs qu'on pensait pas forcément très bonnes, tu vois, ce brand de pas comme ça et en fait, quand tu ouvres les coulisses, tu dis, waouh, c'est magnifique ce qu'ils font, c'est trop beau et pas étonnant les résultats. C'est un outil qui est one shot du coup ou qui, enfin, tu fais une image à un instant T ou l'idée,

[00:19:02] c'est que tu plugues tes outils et derrière... Écoute, nous, pour donner vraiment les coulisses du truc, c'est un lead magnet à la base. Donc, c'est un outil qu'on a fait parce que ça partait d'une conviction forte qui était ce que je te disais, le produit n'est pas mesuré en France, mais c'est mesurable et je me suis dit, il faut qu'on crée un référentiel chiffré pour prouver aux équipes fondatrices, aux dirigeants et comex que le produit, ce n'est pas juste une fonction comme tu disais pour délivrer des fonctionnalités. Pour moi, le product en tant que tel, ce n'est pas une discipline technique, c'est une discipline vraiment qui est là comme une extension des fondateurs

[00:19:31] pour faire du business. Point barre, c'est comme ça qu'il le vaut aux US. Et donc, je me suis dit, c'est bien beau quand je dis ça, mais il faut absolument que je crée ce référentiel pour qu'on arrive à prouver ça. Et donc, avec mon associé, c'est ce qu'on a fait. On a rassemblé un set d'indicateurs, ça fait un lead magnet, mais vu la puissance du truc et en fait, vu les résultats qu'on a, on est déjà en train de l'introduire dans nos missions. Donc, c'est un outil de suivi de nos missions. Et demain, ce qu'on aimerait idéalement, c'est d'en faire un benchmark public que n'importe qui peut utiliser. Et puis, si ça sert Stellar demain, tant mieux, tu vois. Mais surtout, je pense vraiment que ça va faire progresser tout le monde, tu vois.

[00:20:01] C'est hyper intéressant. Tu m'enverras le lien, je la mettrai dans la description de l'épisode. Et du coup, je suis d'accord avec toi, je pense entre autres sur ce que tu dis sur le côté product. Il y a tellement d'opportunités quand tu développes une nouvelle fonctionnalité en te disant, tiens, ça, on pourrait essayer. Il faudrait que ce soit packagé comme ci, comme ça. Et du coup, on peut faire de l'upsell avec ce genre de fonctionnalité ou avoir une meilleure rétention. En fait,

[00:20:32] souvent, il y a une déclinaison quand même business derrière. Tout à fait. Toi, par rapport au collectif, du coup, vous avez fait quoi ? Enfin, tu as parlé tout à l'heure un peu d'OS, de mettre en place des choses. L'idée, c'est quoi ? C'est qu'au-delà de venir avec, on va dire, des people, vous venez aussi avec une méthode et une méthode, c'était là ? Alors, nous, si tu veux, il y a beaucoup de cabinets de conseil qui viennent, tu vois, je te prends vraiment l'exemple que tout le monde connaît

[00:21:01] avec leur matrice, tu vois, McKinsey, etc. font ça. Alors, je ne sais pas s'ils appliquent dans leur mission, leur méthodologie, mais en tout cas, ils ont beaucoup brandé que le conseil, ça se fait avec des méthodos et donc du coup, tu crées des ayatollahs de la méthodo. Nous, ce n'est pas ce qu'on fait du tout. Par contre, ce qu'on a créé en interne, qui est un système que notre collectif utilise, c'est effectivement de la connaissance commune. tous les CPU arrivent, ils contribuent à cette connaissance et donc, on a tout un set, on a une manière en fait de bosser chez nos clients qui nous permet surtout de produire des résultats en très peu de temps. Tu vois, nous,

[00:21:30] on a trois services aujourd'hui, Audit, Coaching, Inside, Audit, comme son nom l'indique, c'est des audits. On est capable d'auditer une boîte complète, même une boîte de 200, 300 personnes en moins de 10 jours, c'est-à-dire qu'on va parler à tout le monde dans la boîte, on te remonte tous tes problèmes avec un oeil très objectif parce que les gens nous parlent et qu'on crée un espèce d'espace de sécurité en fait pour ces gens-là, tu vois, face à leur patron ou manager, ils ne diraient pas la même chose, tu vois. Et donc, c'est gardé chez nous, par contre, nous, on va extrapoler ce qu'il y a comme problème et derrière, on est capable de sortir une roadmap de solutions concrètes avec nos 10 en main, tu vois.

[00:22:00] Et donc, tout ça, si tu veux, on est constamment en train de collecter, de compiler la connaissance pour qu'in fine, en fait, on raccourcisse la durée de nos services, tu vois, en permanence. Et donc, on a des manières d'agir, on a des manières de déployer ce service. Par contre, on n'impose pas des frameworks, des matrices et des machins à nos clients, tu vois. À nouveau, nous, on bosse sur la startup, tu vois. Moi, je détesterais en tant que petite boîte que j'ai des gens qui me disent tu dois faire comme ça et faire rentrer les données dans un tableau, quoi. En revanche, vous, vous mettez, juste pour être clair,

[00:22:31] au niveau des missions que vous avez, enfin, parce que, on va dire, tu rentres dans une boîte de 50 personnes, tu as pas mal de gens qui se produisent, quoi. Vous, c'est que niveau CPO ou ça peut être aussi product manager, je ne sais pas, de transition, enfin, tu vois, c'est quoi un peu le... C'est à tous les niveaux ? Ouais, nos tafs, en gros, comme je te disais, on essaye de... On est là, en fait, pour faire en sorte de professionnaliser l'approche produit et donc, c'est effectivement des sujets d'orgas, de people, de process, principalement, et de stratégie produit

[00:23:01] qu'on fait. Nos formats d'intervention sont surtout des formats courts, donc, c'est-à-dire qu'on vient en externe et on vient soit faire un audit, soit du coaching, tu vois, de fondateur ou de product leader. Par contre, post-audit, il y a plein de boîtes qui nous disent on a besoin de mettre en place toutes les recos ou alors, on est à un moment charnière où effectivement, on a beaucoup de recrutements à faire, on a besoin de quelqu'un qui vienne un peu en interne nous aider à faire tout ça. Et donc, là, on applique ce qu'on appelle Insight, qui est notre programme, en fait, on a des modules, on a créé des modules. Tu parlais de data tout à l'heure, on a un module data, on a un module vision produit,

[00:23:31] on a un module strat produit et donc, ces modules, ils sont objectivés avec des résultats chiffrés à nouveau et on va venir bosser dans cette boîte et en X semaines selon le module appliquer, tu vois. Et donc, on a des CPU, en effet, qui viennent plusieurs jours par semaine dans les boîtes voir des binômes. On a une boîte en ce moment, on a fait venir un CPU et un CTO qui viennent tout simplement bosser ensemble pour accélérer très fort parce que cette boîte a des objectifs super ambitieux l'année prochaine et qu'elle veut les atteindre. C'est cool. Le modèle est cool.

[00:24:03] Et tu as parlé des cabinets de conseils traditionnels. Aujourd'hui, c'est eux tes concurrents ? C'est une super question. Nos plus gros concurrents aujourd'hui, c'est les CPU freelance qui sortent de job et qui veulent, tu vois, faire du freelance. Souvent, ils le font quelques mois, ils reprennent un job ou alors qu'ils se lancent vraiment en carrière freelance ce que je ne recommande pas forcément, ce que tu perds vite de la connaissance quand tu n'es plus en poste en tant que CPU. Bref, c'est eux nos plus gros concurrents. On a bien sûr plein de players, conseils,

[00:24:33] mais plutôt sur du grand groupe qui font pas mal de régies, tu sais, qui vont envoyer un product manager ou une équipe de product managers chez un de leurs clients. Ces cabinets, comme tous les cabinets de conseils, il faut aussi un petit peu de mission courte, genre Strat, Audit, etc. Mais à nouveau, en positionnement, on ne les voit pas souvent parce qu'ils sont plutôt sur des très grandes boîtes, ils cherchent des gros tickets. Ça arrive que ces cabinets, ils ont envie de s'éclater et ils ont envie aussi de faire goûter un peu à leur liste, à leurs consultants et donc tu les retrouves sur des scale-ups, mais on ne les voit pas beaucoup aujourd'hui. C'est un petit marché pour l'instant

[00:25:02] sur de la startup. C'est pour ça que nous, on compte déjà s'étendre en France. Et puis eux, ils sont un peu, on va dire leur playbook, c'est quand même de vendre du jour-homme, donc pas vraiment de la performance. Ce qui n'est pas notre cas. Nous, on vend de la perf et du forfait, on ne vend pas du jour-homme. Ouais. On s'aligne avec les besoins des entrepreneurs, tu connais bien le truc. Ouais, je vois bien le truc. Mais pour autant, vous ne faites pas non plus de early stage, enfin tu ne viens pas non plus faire de... Pré-BMF. Ouais. On l'a fait, on le fait à la marge quand on aime bien les projets et qu'on sent qu'on peut apporter de la valeur parce qu'en fait, ce qu'il faut savoir,

[00:25:32] c'est que sur nos 20 CPOs, 90% ont été entrepreneurs. 100% ont monté de zéro une équipe produit, donc ils ont été first PM tous et les CPOs les plus avancés ont été jusqu'à manager des équipes de 50-60 PM. Donc on a vraiment un champ énorme en termes de phases, si tu veux, par lesquels nos CPOs sont passés et donc ça nous est arrivé de faire du pré-BMF. On a notamment aidé une boîte cette année qui s'appelle Ox, qui n'est pas très connue, qui est toute jeune, qu'on a fait pivoter et donc franchement, les profils produits qui ont été entrepreneurs, c'est une tuerie pour accompagner des entrepreneurs.

[00:26:02] Maintenant, tu imagines bien que ce n'est pas ce qui nous fait gagner beaucoup d'argent, cette histoire. C'est une prise de risque énorme pour nous parce que si on donne de mauvais conseils, voilà quoi. Et je pense aussi que c'est un moment en pré-BMF et aussi au fondateur de faire leur taf, ils peuvent solliciter de l'accompagnement. Maintenant, je pense sincèrement que tu viens prendre du conseil de manière ponctuelle pour t'enrichir, être complètement accompagné, guidé par quelqu'un qui fait le travail à ta place, pas sûr quoi. Ouais, je comprends. Je comprends, je comprends. Sur la partie,

[00:26:32] on a parlé tout à l'heure de la partie éducation. Ouais. Je vais pas, on va dire le pendant de l'éducation, c'est un peu les ressources. Alors, toi en français, tu fournis, on va dire, beaucoup de ressources au PM et au CPO français, que ce soit à travers ton podcast ou ta newsletter. Ouais. C'est quoi un peu les ouvrages, enfin tu vois, je sais pas, les bouquins type, ceux qu'il faut à tout prix avoir lus,

[00:27:02] tu vois, quand on parle product et c'est quoi un peu toi, tu vois, ce que tu suis aussi ? Ouais. Alors moi, je suis très mauvais sur les bouquins. Je suis tombé dans le produit grâce aux bouquins, mais j'en suis vite sorti parce que je sentais d'une part que il y a une espèce de collision qui se créait entre les recruteurs, donc les startups et les product managers qui descendent, tu vois, qui se sont nourris aux bouquins. Nous, on a beaucoup le retour, tu vois, chez nos clients que les fondateurs se disent, moi j'en ai marre de recruter des products qui me parlent de théorie et de framework tout fait. C'est pour ça que nous,

[00:27:32] on sort de ça et on pense qu'ils ont un peu raison quand même. Maintenant, si vraiment tu veux connaître la théorie produit, il y a des trucs très intéressants. Il faut notamment suivre, tu vois, tu peux lire les bouquins de Marty Kagan qui est un peu vu comme le dieu du product mais à nouveau qui est aussi perçu comme quelqu'un qui fait beaucoup de framework et qui est sorti depuis très longtemps de la théorie. Moi, si j'avais un conseil à donner sur les ressources, vraiment, que ce soit pour des fondateurs ou des gens du produit, c'est de s'abonner et de payer l'abonnement à la newsletter de Leni Ratchitsky qui est la plus grosse newsletter.

[00:28:01] C'est Leni's newsletter, donc il y a Leni's podcast maintenant qui est quelqu'un de Brian Sim qui était pour le coup, lui, qui a vendu sa boîte à Airbnb. Il a été dans l'équipe produit Product Growth de Airbnb et donc qui a monté ensuite Leni's newsletter en 2019 et c'est marrant parce qu'on se parlait pas mal au début comme moi, j'ai monté la mienne six mois plus tard. Leni, pour juste qu'on se rende compte, c'est quasiment un million d'abonnés aujourd'hui. C'est la plus grosse newsletter tech et produit au monde. C'est quelqu'un qui génère entre 12 et 14 millions d'ARRS si mes calculs sont bons juste sur la newsletter

[00:28:31] et hors sponsoring. Donc, c'est un des plus gros solopreneurs actuellement mais au-delà des chiffres et juste de la fame, le niveau de qualité de contenu, il est impossible à tenir parce que c'est un mec qui a un asset, c'est qu'il a un réseau de dingue, de malade mental et il peut te contacter les partenaires d'André Sonorovitz pour avoir en deux jours, j'exagère à peine, de la donnée que personne n'aurait. Donc, t'as vraiment tous les benchmarks, t'as tout, tout est déconstruit, c'est super bien fait. Moi, je pense que toutes les boîtes de France et de Navarre devraient mettre 15 balles par mois

[00:29:04] j'étais abonné, je ne sais plus pourquoi j'ai arrêté mais ouais, c'est malade. Pour les gens qui connaissent plus le growth, c'est un peu l'équivalent d'Elena Verna mais avec beaucoup plus de données parce que lui, il a une équipe maintenant et il a cette chance de pouvoir ouvrir les coulisses de n'importe quelle boîte. C'est vraiment top. Donc voilà, moi je dirais ça et après, t'as plein de bouquins mais honnêtement, je ne suis pas le meilleur là-dessus pour conseiller des bouquins. Ok. Autre point, j'ai plein de questions un peu dans le désordre mais c'est pas grave. Si t'avais

[00:29:34] deux ou trois épisodes de ton podcast à nous recommander. Ouais, super point. Alors, je t'en parle vite fait. Clé de Voûte, c'est un podcast que j'ai lancé en janvier 2021 qui a longtemps été le podcast pour les PM. Moi, je faisais des épisodes de moins de 20 minutes où on venait décortiquer un challenge d'un PM ou d'une PM. Typiquement, comment tu augmentes les chiffres de rétention d'un parcours utilisateur, peu importe. Et aujourd'hui, c'est un podcast que j'ai souhaité changer pour que finalement, ces métiers de product, on puisse les faire mûrir

[00:30:04] et que tout le monde le comprenne. Et c'est pour ça que j'invite maintenant des CEOs, des designers, des CTO, des VCs même à me parler de produits. Et ce que je veux, c'est que ces épisodes soient partagés en interne et c'est déjà le cas pour que les gens parlent la même langue. Donc, je vais te répondre mais il y a des épisodes du coup qui vont convenir à certains qui ne conviendront pas à d'autres. L'épisode, un des plus appréciés aujourd'hui, c'est celui de Thibaut Elzière qui, on parle de produits mais sur plein de sujets, avait notamment des convictions très très fortes sur le produit. Moi, j'ai appris beaucoup sur cet épisode en l'enregistrant avec lui.

[00:30:34] Donc, je le recommande vraiment. Et après, j'ai... C'est vrai que Thibaut, il fait... Enfin, je te coupe. Vas-y. C'est un... Il a été product avant que le métier existe. Exactement. Exactement. Et surtout, il a... Je te donne un exemple. Donc, Thibaut, c'est le fondateur d'Exa qu'on appelait avant E-Founders mais il ne supporte plus contre E-Founders. Thibaut vend une boîte qui s'appelle Fotolia à Adobe pour une somme qui serait d'environ 800 millions de dollars pour donner une idée.

[00:31:04] Et Fotolia était vraiment l'ancêtre du Product Let's Growth donc vraiment la boîte où il n'y a pas eu de sales. Tout s'est fait organiquement jusqu'à 500 000 euros de chiffre d'affaires par jour au point culminant. Et Thibaut, tu vois, me donne un truc que je pense plein de fondeurs devraient savoir même pour les gens qui écoutent, qui écoutent, qui sont encore vraiment très jeunes. C'est de se dire que si vous avez une ADN très produit, c'est-à-dire que vous voyez tout pour le produit, que vous êtes très méticuleux et perfectionniste sur le produit, il n'est jamais trop tard pour lancer une équipe de sales. Et Thibaut dit par exemple qu'ils avaient un concurrent à l'époque qui s'appelait Shutterstock dans l'épisode.

[00:31:34] Et Shutterstock était au même niveau que Fotolia à peu près quand il a vendu Fotolia mais que Shutterstock à un moment, ils ont pris un bureau dans l'Empire Steel Building et ils ont commencé à mettre une équipe de 100 sales et que j'ai plus les chiffres en tête mais ils étaient 4 fois plus gros à peu près, 5 ans plus tard, que Fotolia qui restaient eux en pure self-serve acquisition classique sans équipe commerciale. Donc c'est vraiment un truc que moi j'adore quand je l'écoute dire ça qui est un super type qu'il faut vraiment avoir dans un coin de sa tête. Ça ne veut pas dire que le produit il faut le laisser de côté, ça veut juste dire que si tes products de base

[00:32:05] pensent juste très vite à onboarder une équipe commerciale. Si bien sûr c'est ta cible, à un moment, tu ne vas pas faire ça sur un produit qui cible des petits paniers. Mais c'est vrai que tu vois, je ne sais pas s'il en a parlé dans ton épisode mais dans les learnings que j'ai eu de mon passage chez EFunders, il était, enfin déjà jusqu'à cette époque-là, après il arrêtait de le faire mais c'est lui qui faisait les premiers mock-up de quasiment tous les produits. C'est ouf. Tu vois, donc il était sur Balsamique à l'époque

[00:32:35] et tu vois, genre il faisait tous les mock-up et tout et il avait un truc, c'est que il était très je vais donner un terme anglo-saxon parce que je n'ai pas l'équivalent français mais opinionated. Tu vois, dans le sens où tu as pas mal de produits où tu vas dire bon, écoute, je ne sais pas si l'utilisateur va préférer la version A ou la version B donc on n'a qu'à faire un settings puis il choisira, tu vois. En fait,

[00:33:05] dans pas mal de produits des founders, tu as ce côté où tu as un parti pris et entre guillemets soit tu t'adaptes au produit mais en tout cas ce n'est pas le produit qui va s'adapter à toi, tu vois. Et du coup, c'était très, de ce point de vue-là, très SMB, tu vois, genre best practice, je t'apprends comment le produit doit être structuré et pas, tu vois, et pas l'inverse. Et comme tu dis, par rapport à ce que tu viens de dire, d'un point de vue produit, quand tu as un produit qui est opinionated, tu as toujours la possibilité

[00:33:34] de rajouter un settings pour le rendre customisable par la suite. Alors qu'une fois que ton produit est customisable, c'est impossible d'enlever, tu vois, c'est clair. Donc, ça rejoint un peu ce que tu dis. Ça, c'est vraiment un épisode sympa. Après, j'en ai plein d'autres ravis de creuser si tu veux. Tu en as un autre comme ça vite fait ? Ouais, un truc qui m'a beaucoup marqué, il n'y a aucun problème, c'est mon épisode numéro 2 2021 qui m'a beaucoup marqué parce qu'on l'a refait deux fois. On l'a enregistré deux fois simplement parce qu'il voulait mettre tellement la barre haute

[00:34:04] à l'époque, qui s'appelle Timothée d'ailleurs aussi, trichait. Timothée, il était PM chez Dream à l'époque et Timothée avait une appétence design extrêmement forte et moi, j'ai beaucoup appris, je me rappelle, c'était une masterclass pour moi d'enregistrer avec lui et il explique pareil, là, c'est vraiment du product concret opérationnel. Là, on parle de, je n'ai plus le challenge en tête mais on parlait justement de bosser sur l'adoption utilisateur d'une fonctionnalité très particulière chez Dream pour aider les insomniaques et il enchaîne, franchement c'est ouf, il enchaîne plein de techniques,

[00:34:34] des trucs qu'il a mis en place, des tips, des trucs sur lesquels il avait du recul parce que ça fait un an qu'il avait fait ce truc-là et tout et je le conseille, c'est l'épisode numéro 2, je pense que c'est un truc comme février 2021. Ok, écoute, je mettrai les deux épisodes dans la description et durent 17 minutes. C'est court, c'est facile à écouter. Autre petite question, d'habitude, c'est le genre de question que je pose à l'affaire mais là, c'est pas du tout fini. C'est quoi un peu ta perception

[00:35:04] de l'IA dans le métier de product ? Tu vois, on parle beaucoup d'agents IA, pour les développeurs, c'est déjà très concret, enfin il y a quand même beaucoup de choses maintenant qu'on peut faire avec de l'IA, pour les sales aussi, il y a pas mal de fonctions qui sont en train d'être chamboulées voire effacées même pour certaines par de l'IA. Dans le métier de product, tu vois ça comment ? Ouais, alors j'ai plein d'éléments de réponse à te donner. Est-ce que tu veux

[00:35:33] que je te fasse un état de l'art de ma perception en France ? Est-ce que tu veux que je te parle du métier de l'évolution ? Il y a plein plein de choses sur lesquelles je peux poncer. Ok, ça marche. Alors déjà, j'aimerais commencer par un propos plutôt optimiste, c'est que, je te disais, j'ai été aux US avec mon associé en novembre, il y a quelques mois, et une des questions qu'on se posait, c'était ça. On y allait aussi pour comprendre un peu la différence, donc vraiment le gap France-US, et donc l'IA était un sujet. Et du coup, j'ai eu aussi la chance d'être invité par Lenny Ratchitsky

[00:36:02] qui tenait son événement là-bas, son premier événement avec 1000 personnes, c'était incroyable, notamment CPO d'OpenAI, des gens vraiment fous. Et on était invité pour couvrir la France, et donc on a eu accès à plein plein de gens pour parler d'IA. Et le propos très optimiste, c'est que oui, les techno-IA sont quand même majoritairement, surtout les boîtes qui créent des LLM, viennent de là-bas. Par contre, les réflexions, les questions qui se posent sur l'IA et l'introduction de l'IA dans les métiers de product, franchement, même état de l'art. C'est-à-dire que France et US, on se pose les mêmes questions.

[00:36:31] Il risque d'y avoir une accélération très forte à un moment côté des Etats-Unis, mais si on continue, tu vois comme ça à se poser des questions et à nouveau, c'est pour ça que je te disais avant l'épisode qu'il faut y aller régulièrement là-bas. Mistral a une équipe là-bas depuis peu pour continuer à être en contact. C'est les mêmes réflexions. Donc ça, c'est super positif. Ensuite, si on passe au point 2 qui est l'équipe des PM et de l'IA. Comme tous les métiers, on est en train de chercher un peu en ce moment à comment faire pour améliorer notre quotidien. Il y a plein de petites applis qui existent déjà

[00:37:01] qui sont basées sur des promptes pour améliorer la discovery, donc l'exploration en produits, la délivrée, du process, de la connaissance utilisateur, de l'analyse de data. Tu peux faire déjà sur GPT ou sur un perplexity ou peu importe, sur un cloud ou peu importe. Donc tu as plein de tools, tu as une espèce d'explosion des tools, d'IA, mais c'est comme dans tous les métiers. Je veux dire, je ne t'apprends rien et je pense qu'il y a des gens aussi, pardon, il y a des acteurs historiques du produit, des outils produits qui se sont mis à l'IA comme dans tous les métiers et donc tu as un peu ce truc

[00:37:30] de c'est très hétérogène, tout le monde fait un peu d'expérimentation. L'illustration, c'est que tu vois, tu as des boîtes comme Penny Lane ou Alan, eux, ils ont les moyens et ils ont les moyens d'embaucher une personne ou deux ou trois qui font pareil des expérimentations d'interne. Tu vois, c'est des gens, ils n'ont pas trop de titres ou alors ils sont PMIA et ils font des tests, tu vois, ils font des tests. Et donc, dans les petites boîtes, tu n'as pas de moyens donc tu fais avec les outils du bord. Mais en gros, aujourd'hui, moi, je ne vois pas de thématique particulière où il y a le plus d'utilisation d'IA si ce n'est la connaissance utilisateur où en fait,

[00:38:00] c'est plus rapide, tu vois, d'aller analyser un transcript, de trouver les mots-clés qui reviennent le plus souvent pour faire l'analyse de problèmes. Ça, c'est un cas, je sens que tu vois que ça se généralise pas mal dans les équipes mais tu vois, c'est le cas le plus petit. Moi, je suis persuadé, c'est très perso, mais je suis persuadé que ce métier va très largement évoluer grâce à l'IA. Peut-être qu'on ne parlera plus de product manager au sens même du terme tellement on va réussir à mettre beaucoup plus de responsabilités sur une même personne parce que l'IA va faire disparaître une partie des métiers, tu vois.

[00:38:29] Chez Stripe aux US qui ont été un petit peu à l'origine de la fonction de product engineer, donc eux, ils confondent un peu une partie de l'équipe tech et produits. Tu sens que les sujets IA sont en train de faire complètement muter leurs fonctions là-bas. On a eu l'occasion d'y aller aussi directement et tu sens que ce type de boîte va vachement influencer le reste. Maintenant, te dire ce qui se passera en cinq ans, franchement, qui suivent pour le faire, ce sera très compliqué. Non, en tout cas, contrairement, on disait, à d'autres métiers,

[00:38:59] je ne sais pas, tes sales, tes SDR, tu vois. Alors, SDR par la voie, tu peux encore t'en sortir. SDR, si tu faisais du call email, bon, tu as un peu, tu as intérêt quand même à peut-être à envisager de te reconvertir, quoi. C'est clair. Tu vois, en tout cas, à court terme, toi, tu ne vois pas, je ne sais pas, moi, un agent, tu vois, un agent IA qui va remplacer, tu vois, le PM sur, je ne sais pas moi, enfin, tout ce qu'il peut faire, en fait,

[00:39:29] dans son quotidien. En fait, je ne pense pas que c'est l'IA qui fera changer le métier de PM, je pense que ce sera au bois de décider si oui ou non elle garde les fonctions de PM, ce qui est clair, et c'est marrant, en parlant de Claire d'ailleurs, il y a eu, à l'événement de Lennie, donc qui s'appelait le Lennies and Friends Summit, il y avait un talk d'une femme qui s'appelait Claire Vaud, je pourrais te filer le lien, si tu veux, aller sur YouTube, et le titre du talk, c'est, en gros, je ne l'ai plus complètement en anglais, mais c'était, est-ce que l'IA va tuer les... Enfin, je crois que c'était une affirmation, on est mort,

[00:39:59] quoi. Et c'est le talk qui a le plus marqué les gens, parce qu'on a interviewé beaucoup de gens sur place, nous, et c'est le talk qui a fait le plus écho aux gens, peut-être parce qu'il est un peu bold et volontairement un peu gras. Mais quand tu écoutes Claire, en fait, concrètement, tu vois, juste les boîtes vont décider de oui ou non, elles gardent le métier de PM, mais en fait, il y a des fonctions, tu vois, des tâches qui vont rester, tu vois. Moi, ce que je pense, en tout cas, sur les quelques années à venir là, c'est que les PM qui ne prennent pas le pli sur ces outillaires, oui,

[00:40:29] eux vont disparaître, la façon dont ils font job va disparaître. Les cas, hormis la user research et l'explo dont on a parlé, je pense qu'on va accélérer très très fort les rythmes, les itérations et les expérimentations. Un exemple concret, c'est, je pense que construire une landing page pardon, construire un bout de produit et le faire tester d'un point de vue donné ne nécessitera plus d'aller-retour avec les techs, beaucoup moins, ce qui fait que les équipes techs seront chargées pour faire d'autres choses, sont plus qualies et ne seront pas court-circuitées en permanence

[00:40:58] par les équipes produits. Ça, ça me paraît évident. Donc, je pense que ça va très clairement améliorer la collable et l'alignement entre les équipes qui est le plus gros défi des boîtes techs aujourd'hui. Ok. Pour revenir un peu sur ton séjour US, donc, tu as fait un aller-retour avec ton associé pour prendre un peu la température, voir un peu ce qui se passait que ce soit à SF ou dans la vallée. Tu y avais déjà été ? Je n'avais jamais été. Ok.

[00:41:28] C'est quoi un peu tes learnings ? Tu reviens avec quoi dans tes bagages de ce séjour ? Surtout avec le prisme on va dire et product, et SaaS. Oui, bien sûr. Je vais peut-être te faire un premier gros learning que je pense que j'étais déjà au courant mais c'est tellement plus évident quand il va, qui est plutôt général et pas que product, c'est que, je te le disais en off, moi je suis convaincu que tout entrepreneur qui lance sa boîte ou qui est sur le point 2

[00:41:58] ou qui est en cours, qui est ambitieux, doit y aller. Bien sûr, il y a des contraintes financières, écologiques, pour ceux qui sont sensibles à ça. Je n'ai pas de prise de, pas de jugement là-dessus mais ce que je veux juste dire, c'est nous en 10 jours là-bas avec mon associé, on a pété des barrières mentales à une vitesse mais c'est du jamais vu. On s'est créé des convictions et on a revu des opinions très fortes sur la première journée. En fait, on enregistrait tout ce qu'on faisait comme meeting, donc dans les taxis, on notait ce qu'on pensait, etc.

[00:42:28] et on challengait nos pensées. Et donc, notre vision de boîte, nos objectifs 2024-2025 ont été affectés. La perception qu'on a du produit a été affectée et pire que ça, on n'y allait pas pour ça du tout mais on s'est dit qu'en plus, on allait pouvoir peut-être utiliser l'expertise produit US pour en faire quelque chose en France. Et ça, ça peut arriver si tu montes un SaaS, c'est ce que tu veux. On est allé nous avec un peu plus d'une dizaine de boîtes d'entrepreneurs en même temps. Ce n'était pas fait exprès mais on est arrivé, dont Exa d'ailleurs. Tout Exa a débarqué avec nous et le constat est le même pour tout le monde.

[00:42:57] Vous étiez donné rendez-vous avant ? En fait, moi j'ai un CPO, le co-fondateur de Strapi, CPO de Strapi, Aurélien Georget, avec qui je bouffais régulièrement, qui me disait, enfin lui, il y va trois fois par an. Il me disait, mais vas-y, vas-y, t'y vas quand, t'y vas quand. Et nous, j'avais d'autres prios, on était une petite boîte, on ne se voyait pas de dépenser du temps et de l'argent là-dedans pour l'instant et on s'est dit, bon écoute, si on fait une bonne année, enfin si on fait un bel été, je crois, on y va et on y est allé en fait. Et c'est arrivé un moment où je pense qu'Aurélien a sollicité d'autres personnes

[00:43:26] et on s'est aperçu en fait que je pensais qu'on serait trois, quatre entrepreneurs, on était dix boîtes et sur place, il y a eu un peu cet effet boule de neige où on a rencontré beaucoup plus de monde que prévu. Bref, et si tu prépares bien ce séjour, ce n'est pas très cher d'une part, il y a plein de tips, je ne vais pas les faire là parce que c'est un peu long et surtout, tu as énormément de Français qui veulent aider et je pense que ce qui vraiment te fait du bien, c'est que tu as des gens qui vont se permettre sans retenue de te challenger à une vitesse grand V, tu vas en prendre plein la tronche parce qu'il y a vraiment des gens qui sont très opiniatifs

[00:43:56] justement, je suis très opiniâtre sur le sujet. Tous n'ont pas raison mais ça a le mérite de déclencher des réflexions très fortes. Tu as cette énergie américaine qui est que tout est story télé et les gens le font par réflexe et en fait, ça donne vachement envie. Et nous, on a pris vraiment une dose d'inspiration et on est revenu, on était remonté à bloc, vraiment. Donc c'est technique et inspirationnel et ça, c'est le premier gros learning, c'est que juste, je pense qu'il faut y aller quand tu es fondeur et peut-être pour finir là-dessus, Alex de Deal, donc Alex Boisy, c'est le fondateur et CEO de Deal, Deal qui est une boîte extraordinaire pour ceux qui ne connaissent pas

[00:44:26] la croissance, allez voir, je n'ai pas les chiffres mais je crois qu'il fait de 50 à 250 millions en un an en ARR, c'est lunaire, une des boîtes à la plus grosse croissance et Alex dit, on peut construire des boîtes en dehors de la Silicon Valley, bien sûr, lui qui est en full remote, ils ont 2000 employés ou 3000, je ne sais plus, par contre Alex, il a passé je crois plusieurs mois ou un an, donc c'est encore la preuve que tu vois, c'est des gens qui à un moment, ils sont allés s'intègre un petit peu et ça les a beaucoup aidés. Oui, non c'est sûr que ça reste, enfin au moment du Covid, c'était un peu moins le cas

[00:44:55] parce que finalement les gens étaient partis un peu à droite à gauche mais ça reste quand même l'épicentre de l'innovation, enfin même si je pense que en ce moment, on a une chance énorme dont il faut se rendre compte, c'est qu'à Paris, on fait partie de, vraiment de la carte, tu vois, sur l'IA et qu'en ce moment, c'est quand même l'IA qui a le vent en poupe et qu'il y a beaucoup de choses qui se passent à Paris, enfin tu vois, j'en parlais avec un pote français

[00:45:24] mais qui vit à Boston et je lui disais, c'est comment en ce moment et tout, enfin tu en parlais d'IA, il me dit écoute moi, enfin en gros, il n'y avait pas d'IA autour de lui quoi et tu vois, il me dit, en fait l'IA, c'est la Silicon Valley c'est assez ouf en fait. C'est un bon point, c'est un très bon point. D'ailleurs, je ne sais pas si je le fais pour nos chevilles à nouveau français ou parce que je suis chauvin mais nous, on a été assez impressionnés de voir des, on n'a vu que des très gros profils, on a eu des rendez-vous de dingue, on a été impressionnés de la réputation de Paris sur la tech. C'est une ville

[00:45:53] qui fait beaucoup écho là-bas même si à nouveau, les Américains sont très sureux etc. en général et bon, la Vallée, ils savent bien que c'est bien au-dessus mais comme on parlait beaucoup des décalages Europe-Sea Cone Valley, ils ne parlaient pas d'Europe, ils parlaient de Paris beaucoup et ils disaient que on a notamment rencontré un gars qui s'appelait Nate Abbott qui a monté l'équipe française de Front qui était chez Airbnb qui était l'onboarding buddy de Lenny Ratchitsky chez Airbnb donc tu vois des mecs qui ont des parcours de dingue et Nate disait j'ai monté l'équipe à Paris j'ai halluciné du niveau des gens que j'ai vus genre vraiment en tech et en product

[00:46:23] bon, il y a des mecs qui sont un peu trop gestion de projet en effet comme tu disais mais on a vraiment des stars des gens qui sont vraiment qui ont un très très gros niveau et qui ont un recul de dingue alors qu'ils ne sont pas dans la vallée donc pas à rougir là-dessus je suis d'accord trop cool je crois qu'on a fait pas mal de tours est-ce que j'oublie des choses ? sur les US si tu veux je peux te donner un learning ou deux sur le produit évidemment qu'est-ce qu'on peut dire d'autre si tu as besoin de parler peut-être de tips tu me parlais de donner quelques tips avec plaisir moi j'en ai plein tu sais mais après c'est pareil il faut 5 heures

[00:46:54] je ne suis pas sûr d'avoir encore 5 heures sur le disque dur mais vas-y tu stresses t'as un compte-down sur le disque dur il te reste combien de temps là ? j'ai l'impression un quart d'heure on peut le faire moins non écoute je vais te faire vraiment une vue très rapide de nos constats et nos constats très persos de ce qu'on a pu voir aux US sur les sujets product alors déjà il y a un truc qui était très formateur pour nous c'est on a rencontré beaucoup de cibiaux français basés aux US depuis 30 ans donc des gens qui comprennent bien la France mais qui sont là-bas

[00:47:24] et un truc qui nous a beaucoup marqué c'est qu'en France chez les PM et les CPO on a beaucoup vu un peu le syndrome je ne sais pas comment dire ça je ne vais pas le qualifier parce que ça va être méchant mais en gros tu vois le PM ou le CPO qui débarque dans une nouvelle boîte il vient d'être recruté et il veut faire son truc il a envie d'imposer un peu il a envie de faire son métier en fait et d'imposer des choses qui sont liées à son métier donc des méthodes des machins et en fait ça ne se passe pas bien avec les fondateurs et donc le CPO ou le PM français va se dire

[00:47:54] écoute next tu vois je vais tenter une autre boîte ça c'était surtout en 2021-2022 et donc cette mentalité tu vois de se dire ah le CEO la CEO il est trop sales driven il ne pense pas à produire etc ça les fait fuir tu vois aux US on a vu tout l'inverse on a vu des gens qui disaient écoute ouais moi j'ai eu beaucoup de CEOs de patrons sales driven même de boîtes énormes mais moi mon job en tant que CPO c'est pas d'être dans l'affront c'est de prendre ce que le CEO a à me donner de comprendre complètement ses objectifs business et où il veut porter la boîte

[00:48:23] est-ce que c'est une IPO une levée ou je sais pas quoi et c'est de décliner tout ça en une vision produit et tech clair en une solution produit et tech clair qui va me permettre d'atteindre ses objectifs business et moi mon taf c'est de le convaincre ce CEO que c'est la bonne stratégie si je l'ai pas convaincu il faut que je me barre parce qu'en effet j'ai pas réussi c'est moi qui étais défaillant et si je l'ai convaincu ben on va essayer et si j'ai pas réussi au bout d'un an ou deux ben écoute j'ai fait mon taf tu vois et on a beaucoup plus senti des CPO qui sont dans le challenge tu vois de se dire c'est pas moi le patron du produit

[00:48:53] moi je suis là en fait pour contribuer aux objectifs de cette équipe fondatrice faut pas que ça parte dans le conflit mais en tout cas je relève le challenge go tu vois et ça on l'a vraiment vu d'un entretien à l'autre et c'est culturel mais c'est vachement important parce qu'il y a trop d'affront en France entre les équipes trop de silos trop de conflits on le voit chez nos clients beaucoup tu vois ça c'est vraiment c'est vrai qu'on voit le je vais un peu caricaturer mais je trouve que dans l'écosystème entre autres quand tu parles d'un peu

[00:49:23] des différentes boîtes tu sais très bien si elles sont plutôt marketing sales je vais les mettre dans le même bucket driven ou si elles sont driven par le product tu vois je vais un peu caricaturer mais sans sans mettre c'est pas négatif que tout ça dans un bucket ou dans l'autre mais tu vois par exemple Aircall pendant longtemps ils étaient sales driven tu vois Conto ils étaient product driven tu vois et en fait tu ouais c'est pas le même mode

[00:49:52] de fonctionnement en fait c'est en fonction des deux et je suis pas sûr enfin j'ai pas comme ça un nom qui me vient en tête où je me dis que les deux finalement sont équilibrés quoi c'est difficile parce qu'en plus c'est des généralités et tout ça porte sur la façon dont la boîte se brande ou alors le fondateur d'où il vient j'ai pas non plus de boîte équilibrée parce qu'il y a aussi des boîtes qui prennent des virages par contre ce qui est évident c'est qu'il y a des boîtes avec des ADN très différentes t'as cité Aircall

[00:50:22] tu prends Content Square c'est pareil et en fait la façon dont les boîtes vont se développer va être radicalement différente Content Square je connais pas parfaitement leur boîte j'ai pas d'action là-bas j'ai rien mais ce que tu vois c'est que t'as une équipe sales qui est redoutable mais redoutable le CEO est vu comme le meilleur sales de Paris quoi enfin limite en produit c'est très dur parce que l'équipe produit comment dire l'influence de l'équipe sales sur le produit est énorme donc c'est très très dur de suivre en produit il prend des trucs qu'ils ont pas probablement ça c'est très dur mais surtout tu vois

[00:50:52] que leur stratégie elle est de faire beaucoup d'acquisitions et donc les boîtes en fait tout est possible tous les modèles sont possibles on peut pas dire CEO sales c'est mieux que CEO product peu importe ce qui est clair c'est qu'il y a du perfectif chez les deux profils il faut juste en être conscient tu vois quand tu choisis la boîte et que tu veux l'argent par exemple quoi et donc moi je pense qu'une boîte product peut faire des boîtes de dingue et on en a plein d'ailleurs il n'y a pas d'équipe commerciale donc quand même c'est réglé tu prends un photorome par exemple ça fait 50-60 millions d'ARR en quelques années 70 personnes

[00:51:21] le ratio est dingo c'est lié à ce modèle là et tu prends un deal par exemple pour un content square des vendeurs de malades mentales qui peut dire que c'est une mauvaise boîte dans tous les cas ce ne sera pas la même façon de faire du produit c'est sûr et ces boîtes auront un choix à faire content square demain si elle veut que son produit content square soit le meilleur je ne suis pas sûr que ce soit le cas aujourd'hui désolé pour eux mais c'est vrai par contre je pense que leur strade de croissance d'acquisition est excellente si demain ils disent on veut être le meilleur produit au monde il y a du boulot tu vois

[00:51:50] genre il y a du boulot sur tes learnings je suis désolé je suis défocused t'avais d'autres learnings de ton voyage aux US ouais sur ce que je peux dire on a parlé d'IA ça c'était un des learnings je te l'ai déjà fait on a parlé du fait que la fonction produit donc je t'ai parlé du fait que des CPO tu vois voient leur métier un petit peu différemment je pense que pour compléter ça et on l'a dit un petit peu mais j'aimerais bien rappuyer dessus c'est le métier de product

[00:52:19] est vraiment vraiment une fonction qui est perçue là-bas comme un métier business beaucoup plus que tech dans la plupart des boîtes c'est une extension des dirigeants alors qu'ici par beaucoup de fondateurs product ils embauchent un PM justement tu le disais tout à l'heure je sais plus si c'était off au début d'épisode beaucoup de fondeurs embauchent des PM parce qu'ils se disent mes devs sont débordés il nous faut quelqu'un pour les assister le métier de product est pas là pour ça le métier de product il est là pour être une extension une déclinaison de ta vision business tu vois

[00:52:49] de là où tu veux emmener la boîte de tes objectifs business il va venir il va se dire ok j'ai compris tes objectifs business moi je pense qu'il y a ces opportunités là en fait et embarquer toute l'équipe pour que d'un point de vue produit tech ça déroule parce que oui en fait t'es CEO d'une boîte tech donc à un moment tu vends un produit tech il faut bien qu'on en fasse quelque chose tu vois tu fais pas juste que vendre pour vendre tu vois et donc là-bas aux US c'est très net d'ailleurs on a eu des situations un peu loufoques où les gens se foutaient de notre gueule parce qu'ils disaient mais vous voulez que ce soit quoi le product si c'est pas une fonction business tu vois

[00:53:19] c'est quand même super étonnant tu vois on a eu notamment pour te donner une parenthèse un échange avec Victoria Peng qui est qui est partenaire product chez Sequoia qui était la seule contributrice individuelle donc ici chez Instagram à arriver au 7ème niveau d'Instagram donc ça veut dire que c'est une fille qui a jamais voulu manager et ils ont créé le 7ème niveau pour elle dans le parcours carrière et Victoria quand on lui pose la question quand on lui présente notre outil de mesure elle a dit il y a vraiment des CEOs qui comprennent pas qu'il faut mesurer

[00:53:48] qu'il faut mesurer tout ça et qu'en fait le product est chiffrable et que c'est une fonction business on lui dit bah oui oui en Europe c'est comme ça et il me dit mais faut les virer tu vois c'est hyper étonnant c'est hyper clivant mais c'est hyper étonnant tu vois tu dis mais c'est pas du tout les conversations qu'on a ici voilà je t'ai fait un bon tour hyper cool bon bah là je crois qu'on a bien fait si t'as plus de batterie on a bien fait le tour non j'ai encore de la batterie pour mettre une pièce

[00:54:18] dans la machine c'est pour toi écoute ravi de répondre à toutes les questions et donc je te firerai les liens pour les gens qui veulent creuser un peu et à dispo pour en parler où est-ce qu'on peut te suivre donc en podcast clé de voûte ouais je pense que tout part de LinkedIn pour moi je promeux tout ce que je fais sur LinkedIn évidemment si vous voulez écouter un peu le podcast clé de voûte c'est le F pas CLE j'ai un autre clé de voûte qui n'a rien à voir avec la chocrode qui existe et après si vous voulez vous abonner pour recevoir plein de stratégies de produits de plein de boîtes sympas

[00:54:47] que je documente la newsletter s'appelle Product Inbox trop bien et bah écoute Timothée un grand merci merci à toi et puis à bientôt salut Alex salut merci d'avoir écouté cet épisode de SAS Connection jusqu'au bout j'espère qu'il vous a plu et vous sera utile pour votre propre SAS si c'est le cas pensez à vous abonner pour ne pas manquer des prochains épisodes et laissez-nous un commentaire où 5 étoiles sera pas le podcast ou Spotify

[00:55:17] afin de donner plus de visibilité à ce podcast enfin si vous avez des proches qui sont intéressés par le SAS n'hésitez pas à leur envoyer cet épisode à bientôt